RECHERCHE

▪ Biographie

Né à Paris le 15 octobre 1780, Étienne-Jules était fils d’Antoine Cousin dit Marinville inspecteur des régies du Roi et receveur des fermes. Il a été l’un des plus proches confidents de Jérôme Bonaparte. Il accompagne celui-ci lorsqu’il est couronné roi de Westphalie (1807-1813), dont Napoléon 1er voulait faire un laboratoire devant conduire à l’émergence d’un État moderne (Boudon), avec une constitution calquée sur le modèle français. Le jeune homme y est l’un des quatorze chambellans qui organisent les fêtes de la cour sous la direction du comte von Waldburg puis du prince de Hesse. Il est en même temps secrétaire intime du roi et « directeur de ses plaisirs secrets », Jérôme Bonaparte étant un séducteur invétéré et dépensier. Étienne-Jules est décrit comme « très jeune, très délié, très corrompu », et infidèle également. En 1810, une relative disgrâce le rétrograde à l’office de maître de la garde-robe, cependant Jérôme le fait nommer baron, puis baron d’Empire en mai 1812. Un beau portrait par Kinson le représente vers cette époque (musée Marmottan).

De retour en France après la chute du royaume, il épouse Françoise Mathilde Manson, dont il n’aura pas d’enfant, et achète à Paris un hôtel particulier au 13 rue d’Aguesseau, où il logera le maréchal de Castellane. Au mois d’avril 1830, il se rend acquéreur d’une grande propriété rue du Four à Saint-Maur (ses terrains se trouvaient de part et d’autre de la rue du Four, au côté sud de l’avenue Marinville et de l’avenue Pasteur). Le 31 juillet 1837, il est nommé par le Roi maire de Saint-Maur. On lui doit de bien modestes initiatives : une nouvelle mairie (située à droite du porche de l’église Saint-Nicolas), l’amélioration de chemins, quelques poteaux indicateurs aux abords du bourg et quatre réverbères. Galtier lui prête à tort un rôle dans la construction des ponts de Créteil et de Champigny en 1839 et 1842, en remplacement des bacs. Il fait à plusieurs reprises obstacle au développement des industries locales, si nécessaires au travail des habitants. Il s’est intéressé également au passé de Saint-Maur. Le 18 juin 1843, le baron de Marinville donne sa démission de maire et quelques années plus tard, le 13 mars 1852, entre dans l’administration du Sénat impérial dont il devient archiviste, pour en démissionner en 1853. Il meurt le 5 mars 1861 à Paris. Il est inhumé à Saint-Maur au cimetière Rabelais 1 : dans sa chapelle en forme de temple est gravé le texte d’une lettre affectueuse reçue de Jérôme Bonaparte en octobre 1850, en témoignage de 45 années de dévouement : « Je vous aime comme un des hommes les plus honorables, les plus probes et les plus estimables que j’aie connu dans ma longue carrière ».

Pierre-Yves GRANDEMANDE et Pierre GILLON

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▪ Bibliographie

  • E. Galtier, Histoire de St-Maur-des-Fossés, La Varenne, 1927, p.  246-247 ;
  • J. Gueudet, « Le baron de Marinville », Le Vieux Saint-Maur, n° 57, 1984, p. 31-32 ;
  • J.-O. Boudon, Le roi Jérôme, frère prodigue de Napoléon, Paris, 2008.