RECHERCHE

▪ Biographie

Créateur du quartier d’Adamville et l’un des fondateurs de la ville moderne de Saint-Maur-des-Fossés, il est né le 19 octobre 1797 à Paris où il a fait ses études et appris auprès de son père les arcanes de la finance. En 1820, il épouse Adélaïde Bertrand-Geslin, héritière d’une grande famille de Nantes, où son père, baron d’Empire, a été maire. Après un séjour de deux ans auprès de sa première épouse, il revient à Paris fin 1822 à son décès. La dot de sa femme lui permet de réaliser des placements fonciers à Paris et ailleurs. Le 24 décembre 1831, il participe à la vente, aux criées du tribunal de la Seine, de terrains situés à Saint-Maur-des-Fossés appartenant au duc d’Aumale, arrière-neveu et héritier du dernier prince de Condé. Adam acquiert 215 hectares de terres, dont le bois de Champignol et le grand bois Guimier. Il crée la ferme de Beaujeu (à l’angle de la rue de Beaujeu et du boulevard du général Giraud) puis, six ans après, celle de Bellechasse (emplacement de la caserne des Pompiers, avenue Louis Blanc), et ouvre des carrières. En 1840, il est à l’origine de la route stratégique, devenue le boulevard de Créteil, qui désenclave Saint-Maur en reliant le pont de Créteil au pont de Champigny. Dès 1838-1840, il fait défricher le bois Guimier qu’il morcelle à sa guise en créant des rues aux noms de ses enfants. Pour vendre les terrains, qui vont lui apporter une fortune considérable, il fonde deux sociétés, L’Incomparable et La Désirée. En 1841, il hérite de son père et se fait bâtir un hôtel particulier rue de Milan à Paris 9e. La Révolution de 1848 l’incite à se retirer à Saint-Maur jusqu’en 1853. Durant cette période, il fait bâtir une chapelle dont il confie les plans à l’architecte Vigneulle. La première pierre est posée le 28 août 1850 et la chapelle de style néo-roman est bénie le 12 juin 1853 par l’abbé de la Bouillerie, futur évêque de Carcassonne. Érigée en église paroissiale le 23 juin 1907, elle deviendra l’église Saint-François-de-Sales d’Adamville. Les dernières années d’Adam le voient très occupé à placer ses revenus fonciers dans des opérations boursières en France et en Espagne. Il meurt à Paris le 15 septembre 1862. Son monument sépulcral (classé au titre des monuments historiques) se trouve à l’intérieur de l’église Saint-François-de-Sales. Réalisé en marbre blanc par l’atelier du sculpteur Duret, il représente l’initiateur du quartier d’Adamville allongé, appuyé sur le coude droit et tenant par la main gauche le plan du quartier.

Pierre-Yves GRANDEMANGE et Pierre GILLON

~ ~ ~

▪ Bibliographie et sources

  • M. Arlès, « Le fondateur d’Adamville, Jacques-François Adam », dans Saint-Maur-des-Fossés II. Adamville-La Pie à la Belle Époque, La Varenne, 1988, p. 11-12 ;
  • É. Galtier, Histoire de Saint-Maur-des-Fossés, La Varenne, 1927, p. 251 ;
  • Archives municipales de Saint-Maur-des-Fossés « Cahiers des personnalités locales ».