RECHERCHE

▪ Biographie

Henry Caffin est né le 27 octobre 1781 à Cormeilles-en-Vexin dans un milieu aisé de fermiers receveurs. D’abord agriculteur et maire de village en Seine-et-Oise, il reprend en 1819, avec son épouse, l’exploitation d’Orsigny (Yvelines), où il expérimente des méthodes pour accroître le rendement des oléagineux et met au point une presse hydraulique pour extraire l’huile de colza. Il est vite considéré comme un cultivateur innovant et, le 7 juillet 1824, il est nommé membre de la Société centrale d’Agriculture. Il devient également l’un des fondateurs et administrateurs de l’École royale d’agriculture de Grignon. Il vend la ferme d’Orsigny pour prendre, le 3 octobre 1829, un bail de vingt ans sur 273 hectares à La Varenne Saint-Hilaire où il cultive des betteraves destinées à la sucrerie de la Société Poupart & Cie. Républicain convaincu, très attaché à la liberté d’expression, il participe activement à la Révolution de 1830 et échappe de justesse à la prison. Le 10 novembre 1832, il rachète les fabriques de sucre de betterave, les terres et les fermes de la Société Poupart & Cie en faillite. Il est alors propriétaire des trois fermes de La Varenne (ferme du Trou ou Petit Mesnil, ferme des Piliers et ferme Saint-Hilaire, totalisant 470 hectares, soit plus de 40 % du territoire de Saint-Maur. Il devient le contribuable le plus imposé de la commune. Pendant vingt ans il se montre habile agronome en réutilisant les déchets pour fertiliser la terre, en développant de nouvelles techniques de culture, en améliorant la fabrication du sucre de betterave et en posant les bases de l’élevage scientifique. En 1834, avec Lefour, futur inspecteur de l’agriculture, il ouvre à La Varenne, dans la ferme des Piliers, une école d’agriculture et de technologie rurale. Il gère parallèlement, depuis 1830, un manège équestre à Paris. Un de ses contemporains, Parizot, le juge « un de nos agriculteurs praticiens les plus émiments, un homme intelligent qui sait faire produire de l’or à la terre et répandre l’aisance autour de lui ». Il est également, avec Adam et Didier, à l’origine du pont de Champigny en 1843. Mais à la fin des années 1840, la grande crise agricole, économique et financière ainsi que la concurrence du sucre des colonies ont raison des cultures de betterave et de pomme de terre à La Varenne. Vers 1851, à 70 ans, Caffin se lance dans le lotissement de ses terres en friche, en prévision de l’arrivée prochaine du chemin de fer à La Varenne. Il obtient de l’empereur un train quotidien à prix réduit pour inciter les ouvriers à s’installer à La Varenne. Il aurait employé le premier le rouleau mécanique inventé par Ballaison pour compacter les rues. Il installe une école rue Saint-Hilaire le 1er octobre 1857 et construit une chapelle inaugurée le 18 janvier 1863. Pour les services rendus à la population de La Varenne Saint-Hilaire il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 4 avril 1863. Il meurt le 9 mars 1870 à Paris. Il restera dans l’histoire comme un précurseur de l’agriculture et de l’élevage industriels, auteur de divers essais et mémoires sur l’agriculture. — Le château Caffin, ornement de La Varenne Saint-Hilaire, se trouvait rue Saint-Hilaire. Il avait été remanié et décoré avec faste par Stéphane Dezaux, petit-fils de Caffin. En 1934, le maire Auguste Marin l’a fait acheter par la Ville pour le raser aussitôt et prolonger à sa place l’avenue du château. Peut-être craignait-il qu’il devienne le fleuron de la Commune libre de La Varenne.

Pierre-Yves GRANDEMANGE et Pierre GILLON

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▪ Source

  • P. Gillon, « Un éminent agronome saint-simonien à La Varenne Saint-Hilaire : Jean-Louis-Pierre-Henry Caffin d’Orsigny » (2014), étude inédite.